Dans le cadre du plan d’urgence de l’État pour l’adaptation climatique des établissements éducatifs d’ici à l’été 2027, ACTEE, la Banque des Territoires et la Banque postale se mobilisent aux côtés de l’État et d’EDF, pour adapter les établissements scolaires les plus touchés par les fortes chaleurs. Un guichet unique vient d’ouvrir pour les aider à agir vite grâce à une procédure simplifiée.
Alors que les établissements scolaires et les collectivités ont dû faire face à un épisode de canicule d’une intensité exceptionnelle, il est devenu nécessaire d’adapter vite et bien les écoles, les collèges, les lycées, les crèches et les établissements périscolaires aux fortes chaleurs, alors que nous risquons de connaître, à l’avenir, des épisodes de canicule de plus en plus intenses et de plus en plus précoces sur des périodes de plus en plus longues. « Le parcours d’accompagnement technique et financier que nous proposons permet aux collectivités d’identifier les points de faiblesse de leurs bâtiments par rapport au confort d’été plus spécifiquement et de bénéficier rapidement et simplement d’un diagnostic 100% gratuit, par nos experts, des travaux à réaliser, ainsi que d’un forfait d’aide aux travaux dans les situations les plus critiques» explique Guillaume Perrin, directeur d’ACTEE. Le tout sans aucune charge administrative puisque le dispositif s’appuie sur les marchés lancés par la Banque des Territoires. Quant aux préconisations, il s’agit en premier lieu de travaux de type adaptation low-tech, permettant d’améliorer concrètement le confort, en agissant à la fois sur la température et sur le ressenti thermique à l’intérieur des locaux. « Des petits travaux dont on a pu mesurer, grâce au projet Racine, l’effet réel dans des écoles qui ont pu rester ouvertes pendant les périodes de canicule » poursuit Guillaume Perrin. Le programme de recherche-action RACINE lancé par ACTEE en juin 2025, instrumente 30 écoles pilotes pour mesurer l’effet de solutions low-tech d’adaptation à la chaleur. ACTEE a pu démontrer un gain de 5 à 10 °C de confort en classe, sans climatisation, pour un coût de 10 000 € à 40 000 € par école. La méthode s’appuie sur la combinaison de trois leviers : protéger (protections solaires, brise-soleil), rafraîchir (brasseurs d’air : −2 à 3 °C de ressenti pour 100 fois moins d’énergie qu’une climatisation) et aérer la nuit (jusqu’à 8 °C d’écart entre intérieur et extérieur au petit matin). Les premiers résultats l’attestent sur les écoles adaptées par ACTEE : à Grabels (34), 4 °C de moins en classe et 7°C de confort gagnés pour 23 000 € ; à Saint-Vallier-de-Thiey (06), 6 à 7 °C de confort pour 22 519 € HT ; à Barberaz (73), une température ressentie plafonnée à 27 °C au pic de la canicule du 24 juin 2026, contre 31,5 °C un an plus tôt, pour 13 000 €.
Une aide forfaitaire aux travaux pour les écoles prioritaires
En complément du diagnostic, une aide aux travaux de 10 000 euros par école, financée par ACTEE, sera proposée aux 2500 écoles les plus durement touchées. « En cas de besoin, les collectivités peuvent mobiliser les prêts de La Banque Postale, accessibles à partir de 50 000 euros sur des durées courtes pour les travaux d’urgence et le préfinancement de subventions. La Banque des Territoires interviendra dans le cadre du programme Edurénov, pour des travaux de plus long terme » précise Annabelle Barral-Guilbert, directrice de programme Edurénov à la Banque des Territoires. Ce guichet s’articule avec les autres volets de la mobilisation nationale : le Fonds Vert, mobilisable en
complément pour les travaux, et l’engagement d’EDF, qui consacre 80 millions d’euros à l’équipement des établissements scolaires, crèches et centres de loisirs en solutions de rafraîchissement avec des primes forfaitaires de 10 000 euros par établissement pour une salle refuge d’ici fin juin 2027. Sur ce montant, 40 millions seront destinés à l’installation en urgence, avant septembre 2026, de petits équipements d’un montant maximum chacun de 400 euros ; une deuxième enveloppe de 40 millions sera dédiée aux travaux à moyen terme visant l’été 2027.
« On veut aller très vite, notre objectif étant de pouvoir accompagner un maximum d’écoles, pour leur fournir clés en main les actions qu’elles doivent mener rapidement, avant le printemps prochain. On ne perd pas de vue cependant qu’il nous faut maintenir nos efforts pour accompagner les rénovations globales. Le diagnostic permettra d’identifier les actions très urgentes et puis celles qui peuvent être menées à moyen terme » affirme Annabelle Barral-Guilbert.
Au total, cette mobilisation pourrait permettre d’accompagner jusqu’à 12 500 écoles. Concernant les 2 500 écoles qui seront identifiées comme prioritaires par le ministère de l’Éducation nationale, elles seront informées directement par les préfets et seront traitées en urgence. Toutes les autres demandes seront également prises en compte.